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Poésie[s] du rail (train-train quotidien)

Thierry Trial

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Thierry Trial aime dénicher le merveilleux là où on ne l'attend pas.
Pour cette série, ce photographe quasi quinqua a vécu une aventure inouïe :
pendant 4 années, matin et soir, il a emprunté les trains régionaux drômois pour se rendre à son travail et en revenir !
De ce périple extraordinaire, il nous ramène des images inédites qui donnent à
voir l'étrangeté de la routine.
Des images en couleur[s] qui nous racontent des histoires, des parcours, des
vies. Des images qui nous invitent au voyage et à la rêverie. Quand le traintrain devient poétique...

Voici ce qu'il nous dit de son projet :

Poésie du rail – mon train-train quotidien

Tous les matins je prenais le train pour me rendre sur mon lieu de travail. Et tous les soirs je prenais le train pour rentrer à la maison. C’était mon train-train. TER-boulot-dodo.

Je partais entre 7h30 et 8h30, le plus souvent à 8h17, de la petite bourgade provinciale où je résidais, Montélimar. Porte de Provence, capitale du Nougat, elle était ma ville paisible et ensoleillée… Le matin, quand je la traversais à pied pour me rendre à la gare, elle somnolait encore.

J’empruntais des TER, qui parcouraient la vallée du Rhône entre Lyon et Avignon, emplis d’étudiants, de lycéens, de travailleurs, parfois de touristes voyageurs. J'allais à Valence. La capitale. Le siège administratif. Mon trajet durait 30 mn. Le matin. Et le soir. J’en repartais entre 17h00 et 18h00… Le plus souvent à 17h45.

J’ai toujours aimé les trains. D’abord ceux qui m’emmenèrent, à 18 ans, avec la magique carte «inter-rail» à l’autre bout de l’Europe, ou ceux que l’on prenait pour se rendre à Paris, 12 heures de trajet, parfois en «couchettes» ! Mais j’aime aussi les petits déplacements, les trains de banlieue, les trains de région, l’odeur des gares, le bruit des machines, le fantasme du voyage …

Dans le train, certains lisent, d’autres dorment. D’autres encore papotent, retrouvent des compagnons de labeur ou de déplacement. Des amitiés se nouent. Des échanges s’organisent. Moi, j’ai toujours été d’humeur plutôt solitaire. Pendant les quatre ans que j'ai fait le trajet, j’ai d’abord beaucoup lu. Écrit un peu. Mais ce projet d’embarquer avec moi mon appareil photo revenait sans cesse, se précisait, mûrissait malgré moi.

Ce qui n’était qu’une vague idée nébuleuse prit enfin forme à l’automne 2010. Mon quotidien, le décor commun, banal, trivial, de nos aller-retours, nous pauvres travailleurs salariés banlieusards de Valence, revêtait une dimension théâtrale, cinématographique, poétique. C’est là ce que je voulais rendre : la poésie qui se niche dans les points de vues singuliers sur ce trajet répétitif et routinier. L’œil vissé au viseur, je traquais le merveilleux et l’inattendu. Je repeignais le décor.

Une seule contrainte dans ce projet : chaque image était prise par moi, sur le vif, sans mise en scène d’aucune sorte, depuis le train que j’empruntais pour me rendre au travail (ou en revenir) ou depuis les quais des gares de départ et d’arrivée. Images décalées, réalité réinterprétée… Tout était permis. Le sujet était serré. Et très vaste à la fois. Mon œil était le seul maître à bord, relié directement à mon cœur et à mon index effleurant le déclencheur du boîtier Canon numérique. Un seul mot d’ordre : l’émotion. Car c’est de cela dont il s’agissait. Retrouver l’émotion de ces instants où les images d’une réalité toute quotidienne s’imprégnaient tout à coup d’une poésie picturale. Et tenter de vous la restituer.

Lieu : MJC (espace mosaîque), (n°9 sur le plan de Chabeuil)